23 avril 2018

Printemps acide de Patrick Tudoret

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RESUME

Nom: Le sang. Prénom: Roch. Age: 46 ans et des broutilles. Raison sociale: commissaire divisionnaire, patron de la DIPJ de Bordeaux. Signe particulier: Breton abrupt, taillé dans le granite.

Pourquoi cette convocation du directeur générale de la "Grande maison" et cette brillante promotion au rang de contrôleur général sonnent-elles pour lui comme une sanction, une mise à l'écart, un avertissement qui viendrait "d'en haut"? C'est le début de cinq jours fous. Cinq jours haletants. Une enquête explosive aux lisières du pouvoir dont il sortira meurtri. Et si, ressurgie d'un passé oublié, Claire était la clef de tout...?

Fantômes du passé, assassinats, filatures, interrogatoires, écoutes téléphoniques, réseaux d'influence et machination impliquant des politiques au plus haut niveau... Tels sont les ingrédients de ce brillant polar à la française au style enlevé, à l'humour acéré

 

MON AVIS:

Tout d'abord, j'aimerais féliciter les personnes qui ont réalisées cette couverture que je trouve belle et lumineuse. Rien qu'en la regardant, on a envie d'ouvrir ce livre.

De plus, l'écriture de ce livre est organisée sous forme de narration autour des 5 jours de Roch Le Sang. Ces chapitres courts donnent du rythme et est très judicieux. Ils nous mettent directement dans le bain de l'action et des questionnements du personnage. L'écriture est fluide et nous happe avec des mots simples.

Au niveau de l'intrigue, elle mêle la politique à un réseau d'action entraînant meurtres, raquet financier, mutation policière...J'avoue qu'en règle générale c'est le style de livre qui me dépasse fortement et qui me lasse (surtout avec l'aspect politique). Je dois dire qu'ici cet aspect est très bien dosé. Il est pourtant le moteur de l'histoire mais bien mélangé à l'intrigue policière. Cela donne un tout attirant et même entraînant. Un bon polar qui nous emmène à travers la hiérarchie policière au sein de Paris

Notre personnage principal a son lot de noirceur qui ne fait que s'agrandir au sein de ce livre. Un personnage de polar comme on les aime.

Un polar écrit avec beaucoup d'intelligence et qui m'a amené à le finir en moins d'une journée. Il est haletant, divertissant et bien construit. J'ai adoré.

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Le tigre et les pilleurs de Dieu de Philippe Grandcoing

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RESUME:

Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l'ouragan de l'affaire Dreyfus. La séparation de l'Eglise et de l'Etat est dans tous les esprits... Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d'une quarantaine d'années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d'oeuvres d'art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne... Flanqué de l'inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand coeur, Salvignac découvre les méandres d'une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l'Europe de la Belle Epoque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d'Auvergne et la banlieue parisienne. Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d'art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900. A travers mille rebondissements se dévoile tout un monde révolu où se côtoient premières automobiles et voitures à chevaux, lampes à pétrole et ampoules électriques, une société où s'invente chaque jour la modernité du XXe siècle.

MON AVIS:

Déjà je trouve l'auteur très intéressant par sa bibliographie, il est capable d'écrire sur des sujets très hétéroclite (affaires criminelles, la belle époque des piliers d'églises...) Cet auteur, par sa biblio, me rappelle bien Sylvain Larue publié, lui aussi chez De Borée. Ils se lancent tous deux dans des romans policiers historiques qui sont bien documentés et super bien construit.

Alors ce livre est situé au XX° siècle époque de la séparation de l'état et de l'église. Je trouve que c'est une époque très intéressante et méconnue du public. Nous avons tous appris au collège ce fait qui dure une ligne sur les livres d'histoire. Mais nous constatons que cela a été plus complexe dans la vraie vie. Je trouve très bien et judicieux de monter une intrigue autour de cet évènement qui effectivement se prête bien et est de plus instructif pour le lecteur de se plonger dans cette époque. Ce livre montre aussi le conflit d'époque et comment l'art s'est retrouvé dans une problématique d'argent mais aussi de pouvoir.

L'écriture  de cet auteur est lisible et dans un français soutenu mais très agréable à lire.

Le personnage principal Hippolyte, antiquaire, est le cerveau du couple d'enquêteur et Jules, policier, l'homme d'action. Ils sont très complémentaires dans leur enquête. La vie d'Hippolyte est assez pauvre mais on voit que sous ces airs de vieux garçon, il est assez moderne. Dans son travail d'antiquaire, il s'ouvre aux horizons lointains (africains, océanite...) et dans sa vie il transgresse la morale en ayant une femme déjà mariée dans sa vie.

Jules, quand à lui, est l'homme de main de Clémenceau et fonce tête baissée dans les différentes actions qui s'amène à lui.

Enfin l'intrigue est très bien amenée et nous naviguons entre les eaux proposées par l'écrivain avec enjouement et curiosité. Je conseille ce livre pour tous les curieux de l'histoire et de polar.

Personnellement, j'ai tourné les pages avec beaucoup d'envie et j'ai hâte d'attendre un deuxième tome d'Hippolyte Salvignac

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07 avril 2018

Le secret de la clé d'acier de David Glomot

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RESUME

1520. Muricellos le cartographe, Léonard le prêtre et Cartagena le chevalier sont abandonnés sur la côte de Patagonie par l'amiral et explorateur Magellan, cruel et visionnaire auteur du premier tour du monde. Ils devront survivre dans cette Terra Incognita. La découvrir, se découvrir dans un roman qui est une vraie quête initiatique. Abandonnés tel Robinson sur cette côte inhospitalière, ils vont affronter des Indiens hostiles et la solitude du chemin de croix. Dans cette aventure, que peuvent apporter au Nouveau Monde un jeune explorateur navarrais, un vieux clerc limousin et un noble conquistador espagnol ? Les derniers feux d'une chevalerie à l'agonie et le fanatisme religieux ? La raison et la science ? Depuis Christophe Colomb, Espagnols et Portugais sillonnent le monde. Mais il fallait être fous pour oser s'embarquer dans une telle aventure. Ou avoir beaucoup de choses à cacher pour quitter ainsi le Vieux Continent pour toujours... Découvrez les circonstances dans lesquelles fut rédigé le fameux Livre de raison, objet de toutes les convoitises. Quelles énigmes peuplent le passé des trois explorateurs ? Quel est donc le secret de la clé d'acier ?

MON AVIS

Tout d'abord, au niveau du style de l'auteur, M.Glomot a une très belle écriture qui nous amène a visualiser avec précision le paysage et imaginer ce qui se passe au niveau des actions. 

Au niveau de l'intrigue, nous apprenons à découvrir tout d'abord le caractère des personnages avant leur passé. Nous percevons très rapidement qu'il y a des mystères autour de la boite de Léonard, le prêtre de l'aventure. Il garde une clef autour du cou qu'il ne veut absolument pas s'en séparer. Un cahier y est enfermé, nous décelons vite que ce coffre contient un trésor non matérialisable mais d'une importance capitale. La progression des trois personnages dans cette nature hostile montre la faiblesse de l'homme à différents niveaux. Ainsi la petitesse que nous représentons face aux microbes, aux évènements météorologiques, et les animaux est mise en exergue. Face à leurs péripéties, nous constatons que la vie ne tient pas à grand chose.  La nature à l'état brut prend le dessus sur l'existence humaine. C'est un fait assez actuel quand on pense aux catastrophes naturelles via tsunami, tremblements de terre, inondations....

Nous avons dans ce livre aussi la découverte de l'autre avec la barrière de la langue et des coutumes. Nous voyons comme l'incompréhension peut amener à des tueries sans raison valable. Comme la prise de pouvoir prend le dessus sur le compromis.

Un autre aspect que j'ai aimé c'est la rencontre entre  la religion et  la science représentées par deux personnages distincts. La mort de Cartagena amène à une reflexion qui confronte les deux avis que je trouve plutôt interessante. Nous constatons que dans leur oppposition on a toujours un point commun: l'importance du partage de ses propres convictions. Léonard voulait convertir les indigènes au christianisme et Muricellos voulait pouvoir cartographier l'inconnu pour le partager et être reconnu

Ce qui est très particulier dans ce livre, c'est cette marche perpétuelle de nos personnages qui amène un rythme parfois lent mais des actions ponctuelles assez près de la réalité. Cela nous amène à  plonger dans ce livre et nous permet de nous concentrer sur les personnages et les paysages.

J'ai beaucoup aimé l'intrigue qui se délie vraiment à la fin et les différentes réflexions que ce livre nous donne à penser

Posté par laludeslivres à 19:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]